Un énorme merci à ma maison d'édition parisienne Edilivre de m'avoir invité à participer au salon du livre de Paris, le 21 mars dernier ! Mieux qu'un long discours, je vous invite ci-dessous à visionner l'animation vidéo que j'ai conçue jusqu'au mixage final sur mes arrangements MAO. Lien direct.  Des heures d'élaboration, mais j'adore ça. La musique démarrera automatiquement une fois que vous auez lancé la lecture de la vidéo. Je vous suggère de couper le son pour lire un peu plus bas le début de chacune des mes deux premières nouvelles éditées chez Edilivre. Plus bas encore trois extraits de textes de mon livre de chansons '' Renaissance '' préfacé par Carine Reggiani, un honneur ! Pour celles et ceux qui souhaiteraient se procurer mon ou mes livres, vous pouvez le faire en passant par ma maison d'édition en cliquant ici pour commander mon livre de chansons, ou en vous rendant sur cette page pour acheter mon livre de nouvelles. Plusieurs tarifs sont proposés en fonction de la version que vous désirez acquérir ( format papier ou numérique ). Mais vous pouvez également passer directement par moi pour votre commande ce qui vous garantit de recevoir mon ou mes livres avec ma dédicace. Paiement uniquement par chèque. 18 euros TTC pour l'achat de mon livre de chansons '' Renaissance ''.  17 euros TTC pour l'achat de mon livre de nouvelles '' Obsession et Substitution ''. Pour de plus amples renseignements, écrivez-moin à jmbartnickipoete@yahoo.fr. Merci ! Je vous donnerai la marche à suivre. Enfin si vous aimez le contenu de cette page, merci de me faire part de votre ressenti sur mon livre d'or. Je vous répondrai en ligne avec grand plaisir. J'espère à bientôt ! Amitiés. Jean-Michel Bartnicki, le 26/05/2014. PS / Que ressentez-vous à la lecture du début de mes nouvelles ? Mon livre d'or est là pour cela aussi. Merci !


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Pour commander mon livre de nouvelles sur le site de ma maison d'édition, cliquez sur la couverture. Merci !

                                               Quelque part dans l'espace ( Prologue... )

 

L'assemblée s'était réunie comme d'habitude autour de la table des lumières. Chaque membre avait été choisi en fonction de son niveau de compétence obtenue lors de ses différentes formations. Il y avait là des entités fabuleuses, des êtres proches de la perfection. Cependant, nul d'entre eux n'avait encore atteint le degré de sagesse suprême synonyme d'accession au niveau supérieur final, celui de la plénitude. Quiconque atteignait ce stade était assuré d'échapper à toute nouvelle expérience et de pouvoir faire partie du domaine des âmes essentielles. Pour cela, il fallait prouver son efficacité et ne jamais échouer, ne serait-ce qu'une seule fois. La mission de ces créatures, hors du temps et de l'espace des hommes, consistait à améliorer le sort des habitants sur les planètes qu'ils avaient découvertes lors de leurs multiples pérégrinations dans le cosmos et au-delà. Il y avait bien longtemps de cela, elles avaient passé des siècles à détecter toutes les formes de vie existantes. Elles avaient recensé des milliards de planètes habitées. Elles avaient étudié l'histoire incroyable de tous ces peuples aussi différents dans leur apparence que dans leur culture. Elles s'étaient nourries de leurs expériences, de leurs connaissances. Elles s'étaient vite rendu compte de leur avance technologique et scientifique. Elles avaient, un jour, décidé que leurs multiples pouvoirs sur

les choses et les êtres devaient être mis au service de ceux qui souffraient. En effet, ces créatures ne pouvaient supporter la douleur qu'elle soit physique ou mentale. Certains volontaires étaient donc envoyés sur des bases à des millions d'années-lumière de leur planète mère pour tester leur pouvoir télépathique. Si tout se passait bien, ils subiraient encore d'autres épreuves dans d'autres galaxies, fiers d'accomplir leur devoir philanthropique. L'accession à la plénitude passait impérativement par ce challenge que ces créatures  s'imposaient. Le domaine des âmes essentielles se composait uniquement d’entités qui avaient brillamment réussi toutes les épreuves. Ces âmes goûtaient au plaisir insatiable de se cultiver éternellement, loin de toute contrainte matérielle. Elles n'avaient plus rien à prouver, mais atteindre ce stade de la plénitude pouvait prendre plusieurs siècles. Cela n'avait pas d'importance, elles n'avaient pas la même approche du temps et de l'espace que les terriens par exemple. Ceux qui échouaient poursuivaient tranquillement leurs voyages dans l'espace infini. L'aspect de ces créatures ne pouvait être décrit par le langage des humains. On pouvait néanmoins parler de force énergétique comme, un peu, des rayons de lumière qui s'assembleraient pour former un nuage sans forme particulière. Les membres de ce tribunal 

extraordinaire se réunissaient à la fin de chaque mois pour examiner la table des lumières. Celle-ci était un objet insolite sans pieds, sans forme évidente, translucide. Elle flottait à quelques mètres d'un sol opaque et moelleux enceint par des parois gazeuses et colorées. D'innombrables petits points lumineux multicolores, têtes d'épingle affamées, clignotaient comme les yeux de papillons curieux et surpris. Les douze membres de l'assemblée tanguaient, à peine, eux aussi, dans cet espace intemporel. Ils voletaient comme des bulles de savon fragiles de part et d'autre de la table. Nous étions dans un monde mirifique, bien au-delà de notre système solaire, des hommes et de Dieu.

 

Texas, États-Unis. Lundi 20 mars 2000, 17h15. Cellule du matricule 12457, Jerzy Sullivan.

 

Jerzy pouvait à peine entendre les clameurs de la foule en colère à quelques hectomètres seulement de sa cellule. Des caméras de télévision du monde entier braquaient leurs objectifs indécents sur le décor concentrationnaire ambiant. Des policiers armés jusqu'aux dents surveillaient tous ces intrus comme des mouches qu'ils auraient bien voulu écraser.

- Justice ! criaient les uns.

- Assassins ! hurlaient les autres.

D'immenses banderoles écrites dans toutes les langues dominaient cet essaim d'hommes et de femmes réunis comme une ultime et pathétique prière aux portes de l'enfer. On pouvait y lire une kyrielle de revendications concernant la révision immédiate du procès de Jerzy, des appels à la clémence au gouverneur du Texas. Il avait encore, lui seul, le pouvoir de tout arrêter, celui aussi de différer l'exécution capitale imminente du condamné, et celui enfin de relancer à nouveau l'enquête sur cette affaire de meurtre jugée à la va-vite comme si l'on avait besoin d'un bouc émissaire, Jerzy Sullivan en l'occurrence. Ce dernier était accusé d'avoir étranglé sa petite amie en Avril 1980. Il avait alors 20 ans. Au bout de deux jours d'une parodie d'enquête, il avait été inculpé de meurtre avec préméditation sur sa fiancée, Alison Cunnigham alors âgée de 19 ans, future avocate et surtout blanche de peau. Jerzy était issu d'une famille modeste de sept enfants, mais il avait néanmoins réussi à obtenir une bourse

d'études pour étudier le droit à l'université. C'est là d'ailleurs qu'il avait rencontré, après quelques semaines d'études, la belle Alison. Il avait surtout commis l'erreur de naître noir dans un état où le puritanisme primaire avait réveillé d'anciens démons et attisé à nouveau la haine et le racisme. Il n'avait cessé, durant ses premières années d'emprisonnement, de clamer son innocence. Puis, comme la flamme d'une bougie qui s'éteint petit à petit, il s'était résigné non par lassitude mais plutôt à cause des hommes et de leur nature. En fait, il n'avait plus cru, très vite, à la justice de tous ces bipèdes attardés, intéressés uniquement par l'évolution de leur carrière, et qui se réfugiaient derrière des textes de lois injustes tels des justiciers attirés par le

sang comme des vampires en manque. Non, décidément, Jerzy ne croyait plus à la justice des hommes car il ne croyait plus aux hommes. Il appartenait déjà à un autre monde, celui que peut-être, il découvrirait après l'injection mortelle qu'on lui administrerait bientôt dans l'un de ses bras. Il était prêt. Il n'avait plus peur depuis longtemps. Il se sentait même soulagé à l'idée d'être délivré de ce monde barbare. À peine ressentirait-il le produit létal pénétrer tout doucement

son corps puis l'envahir dans tous les pores de sa peau comme le venin d'un cobra furieux. Quelques minutes seulement et enfin la délivrance....

 

Jerzy était pourtant encore jeune et fort. Il venait juste d'avoir quarante ans. Il aurait probablement eu encore de belles années devant lui s'il avait pu mener une vie comme tout le monde, fonder un foyer avec Alison. Ils avaient souvent discuté de leur avenir, des difficultés qu'ils rencontreraient à assumer leur différence de couleur de peau dans un état rétrograde, et dans une Amérique encore très puritaine. Mais, Jerzy et Alison s'aimaient plus que tout. Ils se laissaient emporter par l'insouciance de leur jeunesse et par la force de leur amour.Alison avait su convaincre ses parents de la laisser aller vivre avec Jerzy. Elle avait eu la chance d'évoluer dans un milieu privilégié. Ses parents étaient tous les deux d'éminents chirurgiens respectés et appréciés. Ils s'aimaient aussi depuis toujours. Ils étaient si heureux pour leur fille unique que pour rien au monde, ils ne l'auraient empêchée de s'unir à Jerzy.

 

En effet, il fut très vite question de mariage, juste quelques mois après leur première rencontre. Alison était d'une rare beauté. Elle était élancée, avait une démarche altière qui tranchait avec la simplicité de son caractère. Ses yeux noisette avaient l'éclat du plus beau coucher de soleil. Ses cheveux longs et blonds tombaient doucement sous la courbe consentante de ses reins. On aurait dit une déesse vivante, une nymphe magnifique. Elle portait des tenues élégantes mais sobres, bien souvent des pantalons ou des jupes très classes

de marques réputées avec un simple chemisier dont la couleur variait chaque jour, et qui laissait juste deviner une poitrine délicate et ferme. Mais, ce qui avait attiré Jerzy, c'était l'humour d'Alison, ses surprenantes réparties en plein cours de droit lorsque le professeur daignait, de temps en temps, sortir de la monotonie de son monologue et de sa profonde léthargie pour poser des questions pertinentes aux étudiants amorphes de l'amphithéâtre. C'était le moment que choisissait Alison pour faire rire toute l'assemblée avec cet humour si particulier qu'il entraînait inéluctablement quelques minutes de franche rigolade. Non seulement, on riait franchement, mais aussi on apprenait énormément car elle répondait aux questions avec une précision et une éloquence étonnantes. Jerzy était très vite tombé sous le charme de cette jeune étudiante d'à peine dix-neuf ans. Lui était beaucoup moins favorisé par la nature. Plutôt petit, d'allure chétive, on ne le remarquait guère. Ses lèvres étaient épaisses comme de la pâte à modeler. Ses cheveux noirs bouclés et hirsutes lui donnaient un air de hippie égaré. Ses yeux marron étaient minuscules, un peu bridés, mais il n'avait, à sa connaissance, aucune  ascendance chez les chinois. Il portait des vêtements hétéroclites que sa brave mère, femme de ménage chez quelques connaissances de son quartier, acceptait bien volontiers lorsque ses clients lui proposaient avant de les jeter ou de les offrir à des associations caritatives locales. Le père de Jerzy, quant à lui, était jardinier municipal. Il ne gagnait presque rien, mais il était heureux parmi ses fleurs. Ses enfants adoraient quand il les emmenait le dimanche flâner

dans les jardins publics, fier de pouvoir leur citer instantanément le nom de chaque fleur, de chaque arbre, de chaque insecte. Mais, aujourd'hui, Jerzy n'avait plus envie de butiner de fleur en fleur comme une abeille impatiente. La foule s'agitait de plus en plus aux portes de l'enfer tandis que Jerzy s'endormait aux portes du paradis...

 

La table des lumières s'agita soudain quand tous les points lumineux se mirent à briller et à vibrer comme les signaux désespérés d'un bateau en perdition. On aurait dit un immense vaisseau spatial arborant fièrement ses couleurs comme celles d'un drapeau d'une nouvelle nation. Chaque teinte avait sa signification propre et chaque point fonctionnait comme un système d'alarme. Plus la couleur était pâle et moins la sonnerie retentissait. Cela signifiait que le problème n'était pas urgent. Par exemple, une sonnerie émanant d'un point jaune pâle

correspondait généralement à une colère passagère chez un jeune adolescent. Rien de grave. Un appel provenant d'une lumière verte laissait à penser qu'il s'agissait d'un trouble de la personnalité et plus précisément d'une schizophrénie latente. Là, il fallait intervenir rapidement pour éviter des complications majeures. Par contre, si un point rouge grossissait  dangereusement en émettant le son d'une bête aux abois, cela signifiait qu'il fallait intervenir de toute urgence.

 

Tout à coup, les créatures ressentirent d'étranges vibrations les parcourir comme des notes de musique inattendues ...

 

Jean-Michel Bartnicki.

 

 

La suite dans mon livre '' Obsession et Substitution '' paru aux éditions Edilivre au mois d'avril 2013.

Obsession ( Prologue...)

 

Un jour, il faut bien faire le bilan de sa vie comme si on sentait sa fin imminente. Pourtant, je n'aime pas juger mes actes. Je sais pertinemment que cette introspection va être douloureuse puisque j'ai décidé qu'elle sera sincère. J'ai accepté d'être mon propre miroir. J'ai accepté de vous dire la vérité, rien que ma vérité comme si j'étais l'accusé d'un tribunal où l'humanité scruterait le moindre de mes gestes, disséquerait mon discours pour mieux épouser mes pensées et devenir moi-même. Je suis votre conscience. Je suis Vous ! Vous êtes Moi !

 

J'ai toujours vécu dans le Nord de la France, de Dunkerque en passant par Valenciennes et Lille, Bavay et Boulogne. Le Nord de la France a toujours été mon terrain de chasse favori. Qu'ai-je fait d'aussi grave pour m'abandonner ainsi à votre jugement ? Pourquoi la nécessité d'écrire, de me livrer ainsi à vous ?

Pourquoi ce besoin de confession ? Pourquoi ? Pourquoi ?

 

Avant tout, je vais vous demander de me croire ! Oh ! je sais ! Ce qui va suivre risque de vous surprendre, de vous déstabiliser tant mon témoignage est incroyable. Certains n'iront pas plus loin que la première page, incapables de croire à mon histoire, au récit de ma vie. Pour ceux-là, il n'y a rien à faire. Il n'y aura jamais rien à faire. J'ai peur de ne pas être à la hauteur ! Je ne suis pas écrivain. Je crains que mon écriture vous déçoive. Mais assez de tergiversations, entrons dans le vif du sujet !

 

J'ai vécu dans le corps et l'âme d'une femme une partie de mon existence ! Oui, oui, vous avez bien lu ! J'ai déménagé plusieurs fois et certaines maisons bourgeoises doivent encore garder en elles l'empreinte de mon âme, l'odeur de mon corps comme celle d'un fantôme meurtri. La nature ne m'a pas gâté et si Elephant Man rejaillissait de ses cendres, il se sentirait sans doute Apollon à côté de ce débris humain qui tente d'implorer votre pardon. Plus nain que le plus minuscule des nains, mon visage ne ressemble pas non plus à quelque chose d'humain. Je n'ai jamais connu mes parents. Etaient-ils humains ? J'en doute souvent !

 

J'ai vécu toute ma jeunesse dans un cirque où, grimé, je semblais si irréel que le public ne se faisait aucun doute sur la simulation, et l'extraordinaire habileté des maquilleuses à me faire passer pour ce somptueux clown pathétique dont le rôle consistait à tourner comme une nouvelle planète autour d'une piste pour inciter la foule à applaudir, à encourager, à rire. Comme j'aurais souhaité qu'elle m'écrase sous les applaudissements ! Comme j'aurais souhaité l'exterminer d'un simple regard ! En fait c'était tout le contraire. J'étais adulé, réclamé, vénéré, indispensable élément au bonheur de tous ces gens que j’enviais et haïssais. Il ne faut pas grand-chose pour qu'il soient heureux ou semblent l'être. Un peu de lumière, un grain de pittoresque et un pantin qui anime tout cela par des mimes, et le tour est joué. Oui, des mimes ! Je suis aussi muet !

 

Un jour, constatant que ma vie se résumait au rôle d'une toupie dans un jeu de quilles, je pris la résolution de fuir cette lumière superficielle. Mais je me rendis compte que je ne savais rien des gens. J'avais pour seule compagnie ma loge et son vestiaire. Ma haine aussi. Pour seul amie, pour seule ennemie, j'avais ma conscience, torturée, formidable instrument machiavélique au pouvoir insoupçonné. Mon imagination était débordante et troublante. Mille et une question traversaient mon esprit mais il en est une qui me hantait, comme

imprimée en permanence dans mon cerveau ...

 

Comment connaître l'amour ?

 

Je lus alors de nombreux ouvrages sur l'élévation de l'âme. Des livres à dominante métaphysique. Je m'inspirai également du bouddhisme et me mis à prier les yeux perdus dans un ciel gris. Je dois avouer que j'ai trouvé un certain confort, une forme de sagesse inconnue à rester dans le noir absolu, seul avec moi-même. J'avais l'impression de voyager à l'intérieur de mon propre corps et de mon âme. Mais quel était donc mon but ? Petit à petit, je compris que je cherchais à m'améliorer, à m'élever au-delà de ma condition grotesque. Je voulais chasser ces pensées haineuses contre moi-même et contre les autres. Je voulais apprendre à m'aimer et à aimer !

 

Au fil du temps, je me surpris à ne plus feindre. Lorsque j'entrais sur la piste, j'éprouvais même un plaisir inhabituel et mes regards vers le public étaient de plus en plus dénués de toute animosité. Ma haine disparaissait. Je commençais à comprendre que personne n'était responsable de mon état. Je me mis aussi à sourire. Ma prestation semblait d'ailleurs plaire puisque les applaudissements étaient à chaque fois plus nourris. Je commençais à ressenti des sentiments jusqu'alors inconnus : la satisfaction et l'amour-propre. Oui, oui, je me sentais heureux parce que j'avais appris à aimer mes contemporains en acceptant ma différence. Cependant la même question revenait toujours ! Une obsession !

 

Comment connaître l'amour ?

 

Je devins un cinéphile incontestable, revisionnant maintes fois les mêmes films d'amour. Ma préférence allait vers les films en noir et blanc des années 50. Les sentiments y semblaient en effet plus purs, et les filles tellement plus émouvantes que ces vedettes actuelles qui ont vite fait de se déshabiller. Chaque soir, je m'endormais dans les bras de telle ou telle actrice, rejouant avec elle une scène qui m'avait ému. Je me faisais mon propre cinéma. Je me cultivais. Grâce à la lecture des plus beaux romans d'amour, je compris que pour plaire, il fallait séduire. Or, j'étais un nain affreux. Un Quasimodo en bien plus laid, en quête d'une hypothétique Esméralda. Un jour, une idée me vint après avoir vu un film de Cocteau où l'on voyait Jean Marais traverser un miroir.

 

Pourquoi n'essaierais-je pas à mon tour de transformer la réalité, ma réalité ? Pourquoi ne sortirais-je pas de ce corps, ce cercueil en sursis ? Pourquoi n'essaierais-je pas de sortir de moi-même ? C'est alors que j'eus une révélation sublime !

 

Je vivrai dans le corps de quelqu'un d'autre ! Je vivrai dans le corps d'une femme et je serai Elle ! Évidemment restait à savoir comment j'allais m'y prendre !

 

J'essayai la méditation transcendantale. D'autres méthodes également. Sans résultat ! Mais, alors même que je me désespérais de plus en plus, j'eus subitement une révélation. Une voix enfouie au plus profond de mes entrailles me souffla :

 

Il suffit de le vouloir très fort...

Et durant quelques semaines, cette voix s'amplifia.

Il suffit de le vouloir très fort...

 

Je mis un certain temps à considérer cette évidence. Cela semblait trop simple ! Et pourtant...

 

Je me souviens. C'était un soir de décembre. Cette année-là, l'hiver avait installé très tôt sa fâcheuse réputation dans ce Nord où les gens se calfeutrent chez eux comme des bêtes aux abois. J'avais beau me persuader que je connaissais l'amour, rien n'y faisait ! Pourtant, cette voix continuait à hanter mon âme et mon corps. Le verbe avait changé.

 

- Il suffit d'y croire très fort. Il suffit d'y croire très fort...

 

Cette voix devenait progressivement un hymne. Pour peu, j'en aurais fait une chanson. Mais, en même temps, j'étais de plus en plus frustré.

 

- Il suffit d'y croire très fort...choisis l'élue ! entendis-je comme s'il venait de se produire un miracle.

 

L'hiver devint mon été. Le froid se transforma en une chaleur indescriptible. Pour pouvoir réaliser mon rêve, il fallait non seulement que j'y croie mais surtout il fallait que je choisisse un être exceptionnel, une femme si belle que mes sens, mon âme et enfin mon corps ne puissent résister à sa possession.

 

La neige tombait de plus belle en ce mois de décembre de fin de vingtième siècle. Les rues étaient plus silencieuses que des cimetières. Alors que le temps semblait inexorablement suspendu, j'entrepris de mettre à exécution mon infaillible plan. D'abord, je ne devais pas douter de ma réussite. Aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte de ma suffisance. Puis, il fallait que je sélectionne minutieusement ma proie. La plus belle femme, ma reine ! Une femme qui ressemble à l'une de ses actrices des années 50, 60. Mon choix fut fait lors de l'une des représentations de décembre où la chaleur humaine faisait oublier la température extérieure glaciale.

 

C'était à Wasquehal, près de Lille, en face d'un énorme complexe commercial.

Elle était assise au premiers rang. Je remarquai tout de suite son inénarrable beauté. On aurait dit Ava Gardner. Lors de ma pantomime, je m'arrêtais à chaque fois en face d'ELLE. ELLE ressemblait à un ange. Elle semblait irréelle, sortie tout droit de mon imagination

 

- Approche-toi d'ELLE ! me murmura cette voix intérieure devenue mienne....

 

Jean-Michel Bartnicki.

 

 

La suite dans mon livre de nouvelles '' Obsession et Substitution '' parue aux éditions Edilivre au mois d'avril 2013.

 

 


Ci-dessous mon livre de chansons '' Renaissance '' préfacé par Carine Reggiani ( un honneur ! ) que j'ai donc également dédicacé au salon du livre de Paris. Sous la première et la quatrième de couverture de mon livre, vous pourrez lire la très jolie préface de la fille de cet immense artiste qu'était Serge Reggiani.

Pour commander mon livre de chansons '' Renaissance '' sur le site d'Edilivre, cliquez sur la quatrième de couverture. Merci !
Pour commander mon livre de chansons '' Renaissance '' sur le site d'Edilivre, cliquez sur la quatrième de couverture. Merci !
Pour commander mon livre de chansons '' Renaissance '' sur le site d'Edilivre, cliquez sur la première  de couverture. Merci !
Pour commander mon livre de chansons '' Renaissance '' sur le site d'Edilivre, cliquez sur la première de couverture. Merci !


Page mise en ligne le 26/05/2014.

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