Paul Mahoni ( France ). Auteur, compositeur, interprète. Professeur de musique .



Ci-dessous mes quatre textes qui sont devenus des chansons grâce au talent de Paul ! Bonne lecture. J'espère que vous les apprécierez. 

Assassin !


Pris au piège de la bêtise

Comme un animal qui agonise

Il ne ressent plus les coups

Il cache les traces sur son cou,

A l'école, il n'ose rien dire

Il ne veut pas être un martyre

Du venin empoisonne son sang

Il a dix ans, il en a cent.


Il rit comme tous les enfants

Mais il ne rit pas, il fait semblant

Son coeur est mort, son corps brûle

Il voudrait s'envoler dans une bulle,

Il ne comprend pas pourquoi

Quand il rêve sous ses draps

Que la main du diable lui tire les cheveux

La terreur envahit ses yeux.


C'est l'histoire de la bêtise humaine

Quand l'amour brisé n'est plus que haine

Malheur à toi qui portes la main

Sur ton fils comme un assassin

Sur ta fille comme un moins que rien

Toi qui les traites pire que de des chiens

Assassin !


Une ombre perdue sur les trottoirs

Comme une tache dans la cité-dortoir

Déambule comme un somnambule

Perdue dans les griffes du crépuscule,


Les voisins n'entendent rien

C'est une famille si bien

Des gens vraiment sans histoire

Comment pourraient-ils y croire ?


C'est l'histoire de la bêtise humaine

Quand l'amour brisé n'est plus que haine

Malheur à toi qui portes la main

Sur ton fils comme un assassin

Sur ta fille comme un moins que rien

Toi qui les traites pire de des chiens

Assassin !

Assassin !

André.


André a le regard noyé dans sa bouteille

Son dernier port, son dernier soleil

André ne rêve plus depuis longtemps, il tangue

Mourir dans la rue, le corps exsangue

Il parle tout seul, les gens se moquent de lui

Des pièces résonnent parfois sur le trottoir, son lit.


Laissez-moi tranquille, ma vie fout le camp

Mon pays c’est la rue et mon espoir ce banc

Que m’importe de mourir, je suis déjà mort

Je ne crois plus en Dieu ni aux hommes, je veux boire encore.


André titube, virevolte, on dirait qu’il danse

Mais il fouille dans les poubelles en silence

Digne dans l’urgence, son privilège, sa fierté

Mais au fond de ses yeux, tant d’humanité

Il dort n’importe où, mais il ne dort pas, il tombe

André ne rêve plus, il étouffe dans la ville sa tombe.


Laissez-moi tranquille, ma vie fout le camp

Mon pays c’est la rue et mon espoir ce banc

Que m’importe de mourir, je suis déjà mort

Je ne crois plus en Dieu ni aux hommes, je veux boire encore.


Rouge comme le vin ce sang dans mes veines

Trop jeune pour rejoindre d’autres plaines

C’est sûr, je ne gagnerai pas au change.


Laissez-moi tranquille, ma vie fout le camp

Mon pays c’est la rue et mon espoir ce banc

Que m’importe de mourir, je suis déjà mort

Je ne crois plus en Dieu ni aux hommes, je veux boire encore.


Mais André ne dit même plus merci, il trinque

À la santé de tous ces badauds impudiques.


Laissez-moi tranquille, ma vie fout le camp

Mon pays c’est la rue et mon espoir ce banc

Que m’importe de mourir, je suis déjà mort

Je ne crois plus en Dieu ni aux hommes, je veux boire encore.

Le diable a brûlé le Bon Dieu.


Le diable a brûlé le Bon Dieu

Et tous les anges ont pris feu

Trop tard pour sortir les mouchoirs

La haine a remplacé l'espoir,

Hiroshima n'a pas suffi

La bête a besoin d'autres vies.


Dans la rue j'évite les bombes

Dans le ciel plus une seule colombe

Juste le tonnerre comme éclaircie

Je cours vite me mettre à l'abri,

Les corps s'entassent dans les ruelles

On les camoufle dans des poubelles.


L'enfer a bouffé le paradis

Vivement que je parte d'ici

Le diable a brûlé le Bon Dieu

Et tous les anges ont pris feu.


J'ai beau hisser le drapeau blanc

Je me sens comme un mort-vivant

Je ne vois rien venir à l'horizon

Je sens que je vais perdre la raison

Mais que font donc les autres nations ?

Eteignez vos télévisions !


L'enfer a bouffé le paradis

Vivement que je parte d'ici

Le diable a brûlé le Bon Dieu

Et tous les anges ont pris feu.


Le diable a brûlé le Bon Dieu

Et tous les anges ont pris feu

Trop tard pour sortir les mouchoirs

La haine a remplacé l'espoir,

Trop de nombrils à la place des cœurs

On se cache derrière l'ordinateur.


L'enfer a bouffé le paradis

Vivement que je parte d'ici

Le diable a brûlé le Bon Dieu

Et tous les anges ont pris feu.


L'enfer a bouffé le paradis

Vivement que je parte d'ici

Le diable a brûlé le Bon Dieu

Et tous les anges ont pris feu.



Omérine.


Anonyme, prisonnière de sa machine

Les mains usées, répétant les mêmes gestes

Au soir du dix-neuvième siècle fuyant la peste

Omérine sur son métier s'incline,

La sueur perle sur son visage blême

Des heures entières à filer la laine

Rendue sourde par un vacarme sans gêne

Omérine, une marionnette, l'ombre d'elle-même.


Ne jamais oublier l'histoire de ces femmes

De ces ouvrières du Nord d'autrefois

Misérables mais de l'or au bout des doigts

Merveilles de courage sous un ciel sans âme.


La cadence s'accélère, impitoyable

Les visages se crispent, les rides s'affirment

Le danger guette, prêt à rendre infirme

Omérine s'applique imperturbable,

Dans ses yeux, le reflet de son travail

Cette laine fine qui brille dans l'atelier

Omérine sûre d'elle s'active sans broncher

Tandis que la faim lui ronge les entrailles.


Ne jamais oublier l'histoire de ces femmes

De ces ouvrières du Nord d'autrefois

Misérables mais de l'or au bout des doigts

Merveilles de courage sous un ciel sans âme.


Son seul luxe, sa mansarde, son château

Dans une courée où la pauvreté se rassemble

À l'abri des regards dans des courées qui tremblent

Quand les élégantes s'inquiètent de leur chapeau.

Omérine gagne trois, quatre sous, une fortune

Un peu de pain, du lait pour son p'tit quinquin

Son fils, son dieu qui repose sur son sein

Omérine si belle enfin sous la lune.


Ne jamais oublier l'histoire de ces femmes

De ces ouvrières du Nord d'autrefois

Misérables mais de l'or au bout des doigts

Merveilles de courage sous un ciel sans âme.


Ne jamais oublier l'histoire de ces femmes

De ces ouvrières du Nord d'autrefois

Misérables mais de l'or au bout des doigts

Merveilles de courage sous un ciel sans âme.


Ci-dessous, une photo où vous pouvez me voir en compagnie de Paul lors de notre rencontre à Paris il y a quelques années. 

Page mise en ligne le 14/11/2014 et mise à jour le 12/09/2016. 

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