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Début de chacune de mes deux nouvelles sous la première et la quatrième de couverture de mon livre....Il est probable que j'écrive une suite à la fois pour '' Le survivant '' et '' La nymphe ''....Tout va dépendre du retour de vos avis dont je vais bien évidemment tenir compte. Pour cela utilisez le formulaire mis à votre disposition en bas de cette page...Merci ! Je vous répondrai en ligne avec grand plaisir.


Début de ma nouvelle '' Le survivant ''.

Titre initial '' La bulle ''

 

Une dizaine de créatures polymorphes achevaient leur patrouille quotidienne. Cette fois-ci, elles avaient pris la forme des papillons géants aux ailes multicolores qui fendaient l'espace avec une grâce divine. La sphère cosmique d'Esteban avait été inspectée rapidement, mais avec efficacité. Esteban était le seul survivant de la folle escapade spatiale qui avait entraîné le millier d'humains résistants en fuite dans les abysses de l'univers pour y disparaître à tout jamais. Les créatures polymorphes emportaient toutes les œuvres d'Esteban sur leurs voiles immenses pour les déposer délicatement dans le dôme des curiosités. C'était un immense entrepôt dont la forme pyramidale ressemblait à celle du musée du Louvre, dans lequel s'entassaient pêle-mêle des milliers de livres, de tableaux, de sculptures, accumulés par les entités durant des siècles, en termes d'années terrestres. Les créatures auraient bien aimé comprendre les raisons pour lesquelles elles se sentaient troublées, en extase, devant toutes ces beautés qu'elles étaient incapables de réaliser, voire d'en trouver le sens. Elles étaient, en effet, incompétentes pour lire la multitude de livres posés sur des tables lumineuses sans pied qui flottaient dans une grande pièce aux murs blancs. Les créatures aimaient ouvrir ces ouvrages de temps à autre. Elles se délectaient de leur somptuosité et de leur diversité calligraphique. Depuis que les livres en papier avaient disparu depuis bien longtemps, les créatures polymorphes étaient conscientes qu'elles détenaient, dans le dôme des curiosités, la mémoire écrite de l'univers. Plus qu'un musée, un sanctuaire. Les entités feuilletaient ses trésors d'inventivité avec une délicatesse infinie, comme si elles voulaient s'imprégner de leur forme et de leur contenu. Pour '' lire '', elles ne s'asseyaient pas. Elles ne s'allongeaient pas. Elles préféraient le faire en voletant comme des cygnes aux immenses ailes d'or, des libellules au corps de sirène et à la tête de fée. Ainsi, Esteban, confiné dans sa bulle cosmique, assistait, fréquemment, dans l'espèce de ciel qui semblait envelopper l'exoplanète vagabonde sans nom d'un amour incommensurable, comme une mère protectrice, à l'étrange ballet de volatiles insolites plongées dans le parcours de leurs ouvrages qui épousaient leurs mouvements.

 

Les livres se plaçaient sans être maintenus par quoi que ce soit devant les yeux des cygnes et des libellules aux anges dans un ciel sans lune. Les pages tournaient automatiquement selon le désir de leurs lecteurs improbables. Ensuite les manuscrits reprenaient sagement leur place sur les tables lumineuses, tandis que les créatures polymorphes vaquaient à d'autres occupations artistiques, philosophiques ou spirituelles, en adoptant de nouvelles formes.

 

Esteban était avant tout une sommité scientifique reconnue sur la Terre qu'il avait été contraint d'abandonner. Mais, à ses heures perdues, il aimait peindre, sculpter, écrire. Sa personnalité fascinait les êtres polymorphes de l'exoplanète vagabonde sans nom, sur laquelle il avait dû poser son vaisseau de toute urgence, à cours d'énergie antimatière. Au centre du dôme des curiosités, son engin reposait comme une longue lame de poignard rouillée. Relique insolite, il semblait veiller comme une sentinelle solennelle sur le fatras artistique hétéroclite qui l'entourait. Les autres appareils de la flotte des résistants n'avaient pu éviter les innombrables pièges tendus par les pulsars, les trous noirs, les astéroïdes, les corps célestes non identifiés égarés, qui dérivaient dans l'espace intergalactique comme des somnambules qui ne se réveilleraient jamais. Les ingénieurs n'avaient pas prévu que la plupart des vaisseaux exploseraient en plein vol. Des bombes à retardement réduisant en miettes des trésors de prouesses technologiques engluées dans les méandres de l'univers, mais surtout qui annihilaient les derniers espoirs des humains en perdition dans le cosmos, pour trouver un refuge, et tout reconstruire.Mais l'univers avait déployé ses tentacules venimeux, comme une pieuvre géante, emportant dans ses profondeurs, hommes, femmes, enfants, vieillards. Ceux-ci avaient sans doute servi de nourriture à des démons affamés. Sordide clap de fin pour une épopée dont l'épilogue tragique n'avait pas été envisagé, ne serait-ce que l'once d'une seconde par les terriens en voie d'extinction. Eux qui se sentaient invincibles, irrésistibles, étaient tombés de haut après l'arrêt forcé de leur voyage intersidéral, dans leurs bolides ultra-sophistiqués, à un peu moins de quatre cents années-lumière du système solaire. L'humanité fuyait car elle n'avait pas résisté aux derniers tsunamis cybernétiques déclenchés par les intelligences artificielles qui avaient pris le pouvoir d'une manière implacable.

 

Celles-ci avaient eu raison du courage et de l'espoir des dernières poches de résistance. Les miraculés laissaient derrière eux une Terre à feu et à sang. Une nouvelle catastrophe majeure. Les intelligences artificielles, les androïdes à l'image des hommes, des femmes, des enfants comme des doublons mécaniques, les nanotechnologies avaient su développer des lambeaux de pensées morbides dictées par des forces maléfiques. Le règne des machines était en route. Les Hommes avaient été victimes de leur suffisance. Sur les quinze milliards d'habitants de la planète bleue, un unique survivant : Esteban, hôte de l'exoplanète vagabonde sans nom sur laquelle il était traité comme un prince, le roi de l'univers qu'il n'était évidemment pas. Les créatures polymorphes étaient subjuguées par la beauté de ses tableaux, de ses écrits, de ses sculptures. Elles ressentaient aussi l'infinie bonté de cette drôle de créature aux quatre membres inégaux, aux yeux minuscules comme deux astres perdus qui occupaient une infime partie d'un corps recouvert d'une matière, que les êtres polymorphes ne connaissaient pas : la peau. Il y avait en outre le langage incompréhensible de ce bipède, qui faisait sortir d'une ouverture bizarre, des sons que les êtres de l'espace ne comprenaient pas, eux qui ne communiquaient que par télépathie. Néanmoins, elles aimaient la voix d'Esteban. De même, si les créatures polymorphes ne parvenaient pas à déchiffrer, à lire ses livres, agglutinés dans le dôme des curiosités, elles étaient conscientes de leur mission de sauvegarder un patrimoine universel sans prix.

 

Dans sa sphère raffinée, tapissée d'images 5D, bulle translucide, qui lévitait à une centaine de mètres au-dessus de l'exoplanète vagabonde sans nom, Esteban réfléchissait. Il avait été désigné comme le chef des résistants quand il avait quitté la Terre, sa patrie. Cette responsabilité avait plus encore de sens depuis qu'il savait qu'il était, à sa connaissance, le dernier représentant de l'humanité. Ses facultés de réaction, sa bravoure, son sens du commandement, ses connaissances scientifiques remarquables, reconnues par une quantité impressionnante de diplômes délivrés par les plus prestigieuses universités l'avaient propulsé, sans contestation aucune, au titre de commandant de la rébellion contre l'hégémonie des machines. Mais Esteban se sentait avant tout artiste.

 

Il avait conservé son âme d'enfant, capable comme '' Le Petit Prince '' de Saint-Exupéry de voir l'éléphant digéré par un serpent boa, là où les adultes ne voyaient qu'un simple chapeau dessiné par un aviateur, dont la carcasse de l'avion gisait dans le désert du Sahara, comme un étrange lézard desséché, sans vie. Esteban se souvenait de ses premiers dessins qui avaient émerveillé ses proches, ses camarades, ses enseignants. Il avait une propension à tout embellir. Une goutte de pluie devenait une ballerine qui dansait sur les toits. Pour lui, les orages étaient des symphonies. Les pierres, des émeraudes qu'il suffisait de tailler et d'assembler pour en faire des cathédrales colossales. Les mots, des notes de musique qu'ils faisaient chanter sous sa plume. Il évitait d'écrire avec les yeux ou avec la voix, comme cela était possible depuis longtemps, grâce à des logiciels qui permettaient toute retranscription mentale ou vocale sur des tablettes tactiles flexibles dernière génération. L'humanité, avant l'avènement du règne sans partage des machines, adorait se prélasser dans le lit du progrès, à l'affût de la dernière trouvaille de chercheurs émérites. Bien évidemment, Esteban était aussi passionné par les technologies. Sa curiosité sans limite, sa vive intelligence l'incitaient, comme tous les enfants de son âge, à s'intéresser aux nouveautés high-tech de son siècle, comme l'étaient déjà les jeunes de l'époque de la décadence au vingt-et-unième siècle, où la plupart des repères éthiques s'étaient dilués dans les entrailles de la bêtise, de l'indifférence, de la vulgarité et de l'individualisme à outrance. Les siècles qui suivirent allaient être encore pires. Esteban, comme les hommes de la Préhistoire qui peignaient sur les murs de leurs grottes avec des minéraux broyés patiemment tels le manganèse ou la limonite, ou qui gravaient la roche avec la pointe d'une bonne pierre, la plupart du temps, un silex bien taillé, délaissait souvent tous les outils modernes dont sa chambre, dans sa maison antiatomique aux capteurs biologiques. Dès son plus jeune âge, Esteban avait aimé le contact direct de la matière sous ses doigts. Quand il sculptait, ses mains respiraient le bonheur. C'est comme s'il faisait l'amour à la matière, pour en extraire la quintessence. Il imaginait des formes, la plupart du temps, surréalistes. Des créatures de glaise sorties tout droit de son imagination intarissable. Il les exposait, fier comme Artaban, sur le rebord des fenêtres de la façade de sa maison.

 

Une maison aux fenêtres autonettoyantes aux capteurs hybrides photovoltaïques, exploitant l'énergie solaire. Des défilés de badauds admiratifs se succédaient sans cesse, interrompant leur marche, oubliant leurs soucis. Une pause dans leur vie trépidante. Rejaillissaient alors dans leurs regards, les étincelles disparues de leur insouciance enfantine, comme une renaissance à l'émerveillement, fabuleuse lumière intérieure qui refaisait surface. Un soleil qui éclipsait les nuages qui les cernaient dans un monde sans âme, ou tout était formaté, ou presque. Heureusement, il y avait encore ici et là, de doux rêveurs qui croyaient encore à la beauté des sentiments qu'ils exprimaient patiemment et avec passion dans leurs œuvres avec leur cœur, de manière spontanée et authentique, en faisant confiance à leurs inspirations, sans utiliser leur PC. Ces doux dingues se connectaient juste à leur âme. Esteban les adorait.

 

Dans sa sphère cosmique, sur sa tablette flexible, extrêmement fine dont les premières versions étaient apparues à la fin de l'année 2016, juste après avoir peaufiné les derniers détails de sa dernière sculpture, Esteban écrivit avec son stylo 3D, en préambule de son nouveau livre, une nouvelle '' Renaissance '' dans laquelle, il serait question d' êtres de lumière venant au secours d'âmes en perdition :

 

'' L'art est le souvenir de l'enfance perdue, un rendez-vous avec le bonheur de vivre, une quête d'harmonie, d'équilibre, une invitation au bonheur retrouvé et simple, comme ces fillettes qui sautaient à la corde, ou ces gamins qui organisaient des parties de football dans les cours de récréation du monde entier, avant que les intelligences artificielles ne viennent tout détruire sur la planète bleue qui me manque. Heureusement, je crois encore à un salut possible, grâce à l'intervention des êtres de lumière. J'y crois sans doute naïvement, mais j'y crois '' Esteban Chavirez, seul survivant de l'espèce humaine décimée par les machines.

 

La suite dans mon livre.......

 

 

 

Début de ma nouvelle '' La nymphe ''

Titre initial '' Ici et ailleurs ''

 

Paris. Jardin du Palais Royal, 16 h 00, samedi 6 avril 2013.

 

Comme tous les jours depuis un an et par tous les temps, Thibault arpentait les allées de ce lieu magnifique chargé d'histoire qu'il ne pouvait voir. Sa chienne Hermina, un berger suisse, lui servait de guide comme une boussole inusable et fidèle lui indiquant toujours les bonnes directions, une rose des vents à poils blancs lumineux. Là où d'autres s'offraient plutôt les services d'un labrador, d'un golden, d'un flat-coated retriever, ou plus rarement ceux d'un berger allemand, Thibault pouvait se targuer d'être le propriétaire d'un canidé peu utilisé dans l'accompagnement des non-voyants, envié des badauds curieux tant sa beauté et son allure altière lui conféraient un statut de star inaccessible. Le dressage avait dû être plus compliqué pour une chienne de cette race. Il n'en avait cure. De toute façon Thibault ne pouvait refuser le cadeau que lui avait fait sa famille. Il n'en était pas non plus à son premier chien-guide car à trente ans et aveugle de naissance, d'autres cabots l'avaient aidé à contourner, à éviter les nombreux dangers de la vie citadine de la capitale que la plupart des gens esquivent sans même s'en rendre compte avec des réflexes protecteurs à jamais mémorisés par le cerveau. Hermina était différente. Jamais Thibault n'avait ressenti cette complicité avec une chienne. D'ailleurs pour lui, elle n'en était plus une. Non ! C'était son amie la plus proche à laquelle il se confiait, se plaignait souvent en étant certain de ne jamais être contredit. Bizarrement, quand Thibault n'allait pas bien, Hermina venait se lover contre ses jambes ou sautait sur ses genoux pour s'y étendre. Thibault glissait alors tendrement ses doigts sur l'échine d'Hermina qui se prélassait comme une maîtresse soumise sur ce lit singulier trop heureuse de savourer la chaleur de son maître. Il arrivait aussi qu'Hermina s'endorme à ses côtés après quelques caresses salvatrices.

Avril commençait à peine et l'air était frais, mais il faisait bon. Le ciel d'un bleu azur semblait dormir et envelopper Paris d'un voile de douceur infinie propice au romantisme dans une ville qui vivait à cent à l'heure. L'hiver avait été très rude et le printemps avait du mal à s'installer. Mais les cœurs se mettaient à nouveau à bourgeonner comme des fleurs prêtes à éclore et à imposer leur beauté après une hibernation nécessaire mais ô combien oppressante et frustrante. C'était là l'état d'esprit joyeux dans lequel se trouvait Thibault en ce samedi 6 avril, comme si ne comptait, n'importait que cette propension au bien-être que l'être humain occulte si souvent, miné par un quotidien désastreux où le sempiternel métro-boulot-dodo comme un rituel stupide annihilait toute possibilité d'épanouissement et de joie de vivre. Thibault n'avait jamais travaillé. Il était conscient que son handicap lui avait fermé les portes d'une vie professionnelle normale et sans doute équilibrante.

Son esprit voltigeait parmi les différentes fragrances de l'abondante efflorescence de cet endroit magique, un havre de paix entre architecture haussmannienne et stress, loin de l'agitation d'un Paris pris au piège de son rythme infernal. Thibault sillonnait plusieurs fois les allées des quatre doubles rangées de tilleuls et de marronniers rouges dressés comme des sentinelles sereines et fières autour d'une fontaine centrale en forme d'éventail. Quelques rayons de soleil perçaient des nuages lassés par leur grisaille. De temps à autre, Thibault aimait s'asseoir sur l'un des nombreux bancs propices à la rêverie, à la méditation, qui ceignaient cet écrin de verdure. C'est ce qu'il fit en ce milieu d'après-midi. Hermina s'étala à ses pieds comme une descente de lit immaculé insolite. Il était 16 h 30. Cela faisait une demi-heure que leur promenade avait commencé. Bercés par le crépitement des gouttes d'eau de la fontaine, par le piaillement des oiseaux et par l'insouciance de leur vie comme un privilège, Thibault et Hermina s'endormirent non loin des fameuses colonnes de Buren.

 

C'est alors que...

 

Ailleurs. 17 h 00, samedi 6 avril 2013.

 

des doigts fins et longs glissèrent doucement sur le ventre de Thibault comme des vagues lentes pour venir échouer sur son intimité la plus précieuse.

- Tu te sens bien mon amour ? Lui susurra sensuellement une voix cristalline à l'oreille.

  • Mais qui êtes-vous ? Répondit incrédule Thibault à cette inconnue posée sur son corps comme un papillon déployant ses ailes sur une fleur captive.

  • Je suis celle que tu attends depuis toujours, celle que tes mains dessinent, espèrent et inventent dans tes rêves les plus fous, lui répondit cette lumière d'amour.

  • Mais....mais...mais... ! C'est impossible ! Vous ne pouvez pas être réelle. Et pourtant, je sens vos doigts qui me désirent, les pointes de vos seins qui m'effleurent, vos jambes nues qui dansent sur les miennes, votre cœur qui bat la chamade, votre souffle qui m'enveloppe.

  • Laisse-toi faire mon amour. Laisse-moi t'aimer comme on ne t'a jamais aimé, insista avec grâce l'inconnue à la voix cristalline.

Affolé, Thibault chercha la présence d'Hermina pour se rassurer, revenir à la réalité. En vain ! Plus aucun poil ne chatouillait la plante de ses pieds. Plus aucun jappement joyeux, comme un refrain de Trénet, pour enchanter ses journées répétitives et souvent ternes. Il se sentait perdu comme l'unique rescapé d'un naufrage, dérivant en plein océan sur un radeau de fortune. Mais que se passait-il donc ? Il s'était assoupi sur un banc et voilà qu'il se retrouvait à présent dans un lit douillet. Enfin, c'est ce qu'il supposait.

- Mais, tu es glacé ! Calme-toi mon amour ! N'aie pas peur comme cela ! Je t'aime ! Je t'aime ! Lui répéta plusieurs fois l'inconnue à la voix claire.

Ses mains se firent plus pressantes, voyageant délicieusement sur le corps offert de Thibault sur lequel elle ondoyait comme une sirène. Les bras de Thibault étaient semblables à des tentacules majestueux s'enroulant autour de la taille de cette apparition divine, de cette naïade envoûtante. Thibault la désirait. Il se sentait renaître. Son esprit flottait, tanguait imperceptiblement comme le mât d'un voilier naviguant sur une mer d'huile à peine troublée par le souffle de rares alizés.

- Aime-moi avec poésie, avec élégance ! Je suis ton fruit, ton présent, ton avenir, ta quête du Graal, mais tu ne le sais pas encore, lui chuchota avec pudeur la nymphe conquérante, et patiente.

Thibault s'exécuta, subjugué, à la merci de cette voix, de cette femme qu'il ne voyait pas, mais dont la beauté ne faisait aucun doute tant il ressentait la perfection de ses courbes. Son désir augmentait. Il avait l'impression de perdre la raison car il se revoyait encore il y a moins d'une heure avec sa chienne Hermina effectuant sa marche journalière dans les allées du jardin du Palais Royal. Il n'essaya même pas d'analyser les petites phrases mystérieuses de cet ovni charnel dont le délicieux parfum avait envahi la pièce où leurs âmes s'unissaient. Peu à peu, cette situation onirique qui aurait pu être le début d'un scénario d'un Luis Buñuel inspiré, lui fit moins peur. L'inconnue avait su mettre Thibault en confiance en déployant ses charmes.

 

 

Soudain...

 

Ailleurs. 17 h 30, samedi 6 avril 2013.

 

Thibault sursauta comme un enfant qui s'émerveille devant les rayons high-tech de magasins spécialisés. Il n'en crut pas ses yeux et l'expression prit tout à coup une dimension insoupçonnée et réaliste. Tout d'abord, il parut comme pétrifié, incapable de faire, de dire quoi que ce soit. Dans le plus simple appareil, on eût dit un mannequin en plastique prêt à être décoré comme un sapin de Noël par des Karl Lagerfeld en herbe et ambitieux, soucieux de vérifier le moindre détail de leurs créations vestimentaires.

 

- Ce n'est rien mon amour. C'est normal mon amour ! Je t'avais dit que j'étais ton présent, ton avenir, ta quête du Graal  ! Que tu es beau comme cela, nu comme au premier jour du monde quand '' IL '' nous a tous créés ! Ma mission s'accomplit comme prévu. La magie opère car nous sommes sincères. C'était la seule condition à remplir pour que la première fois de ta vie, tu puisses voir, me voir, me désirer encore plus chaque jour tant je suis parfaite en tous points de vue. Lui révéla comme une évidence cette créature divine.

Thibault sortit progressivement de sa léthargie et comme un nouveau-né qui découvre le monde, ses gestes devinrent à la fois imprécis et audacieux. Il avait envie de rire, de pleurer. La situation était cocasse et émouvante. Thibault faisait une entrée inattendue dans l'univers des voyants.

Il ne sut pourquoi, mais il serra plus fort encore le corps de l'inconnue comme un enfant qui découvre la beauté du monde. Il se sentait heureux, au bord de l'extase, dans un état second, mû par une pulsion de bonheur. Son corps et son esprit ne faisaient plus qu'un tandis que sa muse caressait son visage avec passion. Son jardin d’Éden s'ouvrait, brûlait d'une envie de plaisir sans fin. L'inconnue était comme une fleur dont les pétales étalaient avec grâce toute leur beauté et leur irrésistible pouvoir de séduction.

Thibault se fichait bien de savoir à présent s'il délirait ! Son appétence agissait comme un élixir merveilleux lui ayant permis de vaincre sa cécité. La première image de la beauté s'imprima alors à jamais dans sa mémoire. Ce fut comme une apparition, une révélation. Elle avait des yeux bleu émeraude, un corps de rêve mais il ne rêvait plus, de longs cheveux blonds soyeux, un sourire angélique posé comme un rai de lumière sur un visage aux lèvres minces et gourmandes. Thibault planait, virevoltait.

 

  • Je t'aime ! Je t'aime ! Lui murmura la voix cristalline.

     

    La suite dans mon livre......


J'ai le plaisir de vous annoncer que je dédicacerai mon livre de nouvelles le dimanche 1/03/2015 au stand d'Edilivre ( emplacement 216 ) de 11 H 00 à 13 H 30 à la foire du livre de Bruxelles. Je me fais une joie de participer pour la première fois à ce salon du livre de tout premier plan dans la capitale belge. Pour plus de précisions, cliquez ici ou sur la bannière publicitaire ci-dessous. Je vous remercie .

Je serai également présent au salon du livre de Paris, comme ce fut le cas en 2014 ( résumé ici ) , le samedi 21 mars prochain de 12 h 30 à 15 H 00 toujours au stand d'Edilivre. 3 h 30 non stop donc ! C'est pour moi un immense privilège dont je suis pleinement conscient d'être de la fête. Pour glaner davantage d'infos sur le premier salon du livre de France, cliquez ici ou sur le logo officiel du salon ci-dessous. Merci ! 

Votre ressenti ? Utilisez le formulaire livre d'or ci-dessous. Je vous remercie ! 

Je vous répondrai en ligne avec plaisir....J'envisage d'écrire la suite de chacun de mes deux nouvelles. 

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Commentaires : 15
  • #1

    diény (jeudi, 20 février 2014 20:31)

    J'ai adoré le début de tes deux livres !!!! J'imagine bien un film pour chacun de ces livres !!! tu m'as vraiment emportée dans cette lecture et j'ai hâte de lire la suite !!!! Vraiment l'art d'écrire et très bons sujets !!!! je ne peux que te dire "BRAVO" !!!! et surtout continue dans cette voie !!!! tu es un vrai poète et écrivain !!!! merci !!!! bonne continuation !!!! surtout merci pour ta simplicité et tes partages aussi sympathiques !!!!! bisous !!!! amitiés !!!!! Monique Diény . (y)

  • #2

    Jean-Michel Bartnicki (jeudi, 20 février 2014 21:09)

    Bonsoir Monique !! Merci !!!! C'est très très encourageant de recevoir une telle réaction enthousiaste et constructive en même temps ! Tu vois, je ne suis pas que parolier, et j'aime effectivement tenter d'imaginer des histoires originales, quelque peu mystérieuses qui tiennent en haleine...Je vois vivre les personnages sous ma plume. Merci encore ! Bises et amitiés. Jean-Michel.

  • #3

    Mira (jeudi, 20 février 2014 21:30)

    Bonsoir
    une imagination débordante et presque science-fiction , mais je retrouve bien là à travers les lignes et les mots des sensibilités proches de l'enfance , une quête de justice et de bienveillance .............
    de belles réflexions sur notre monde et aussi le devenir de l 'homme ........................
    amitiés
    Mira

  • #4

    Jean-Michel Bartnicki (jeudi, 20 février 2014 21:44)

    Bonsoir Mira et merci ! Vois-tu, je suis un humaniste avant tout et je te remercie d'apprécier le début de mes nouvelles. J'adore effectivement la science fiction et son mélange souvent savoureux entre réalité et imaginaire, mais un imaginaire plausible basé sur des réalités scientifiques qui ouvrent la porte à tant de possibilités possibles. Je t'embrasse et amitiés. Jean-Michel.

  • #5

    Anne EPERLE (jeudi, 27 février 2014 16:00)

    La Bulle me laisse sans .......voix.......dommage pour une chanteuse......un sentiment d'effroi me parcourt le dos....ce monde pourrait il être réel un jour ?
    Je n'ose le croire et pourtant, au creux de ma pensée persiste un doute avec lequel je me débats depuis cette lecture !

    Pourquoi, parce que j'ai tellement l'impression que de part son comportement, son attitude et sa rage l'être humain court à sa perte...lentement...même si moi aussi je pense que l'on peut être la lumière d'une bougie qui s'alllume ou celle du phare qui éclaire la mer...douce rêveuse que je suis.

    Comment as tu eu cette vision, c'est ce qui m'intéresse le plus à vrai dire ? peut être y répondras tu ? Jean-Michel, en tous cas bravo pour la créativité de ta plume.

    (je reviendrai pour la seconde nouvelle)

    Anne

  • #6

    Jean-Michel Bartnicki (jeudi, 27 février 2014 16:07)

    Chère Anne ! Tout d'abord merci d'avoir pris le temps de lire '' La Bulle '' et de m'avoir fait part de ton ressenti avec sincérité ! Evidemment il ne x'agit que d'une histoire, et non je l'espère d'une projection sur ce que pourrait être ou devenir l'avenir de l'humanité...C'est juste une probabilité, un scénario possible. L'Homme me semble de plus en plus avare de sentiments dans nos sociétés de plus en plus nombrilistes...hélas ! Cette nouvelle est juste née de mon imagination comme d'autres et j'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire ! Merci encore. Bises et amitiés. Jean-Michel.

  • #7

    Stéphane Clos (mercredi, 14 mai 2014 10:24)

    çà me fait penser à "la métamorphose" de Kafka !! j'aime!!!!! Juste un bémol, lis moins vite car ton texte est magnifique !! ceux et celles qui sont pressés n'ont pas n'importance !!! Uu as un vrai talent !!

  • #8

    Jean-Michel Bartnicki (mercredi, 14 mai 2014 10:26)

    Merci Stéphane ( Stéphane Clos ) ! Oui oui je suis tout à fait d'accord pour mon débit parfois trop rapide, mais je savais que je ne devais pas dépasser 15 minutes sur youtube ...C'est juste çà, mais je peux ralentir bien entendu....Etre comparé à Kafka c'est beaucoup trop !! Mais je sais que tu es sincère ! Bonne journée et amitiés ! Jean-Michel.

  • #9

    Gaëtane Breton (vendredi, 16 mai 2014 22:04)

    Bonjour Jean-Michel,

    Le débit semble rapide mais il va avec l'atmosphère de ce texte empreint de sagesse. Quel imaginaire mon ami!

  • #10

    Carole Amandya (vendredi, 16 mai 2014 23:15)

    Bonjour ou plutôt bonsoir,
    J'aime beaucoup, et tu m'connais, je suis déjà entièrement vendue à ta créativité, si je peux me permettre... À ma prochaine paie, soit le mois prochain, je t'enverrai les sous... Donc garde m'en un - autographié, si possible !!! Une chose, courrielle-moi ton adresse postale. Merci d'avance !!!

  • #11

    Jean-Michel Bartnicki (samedi, 17 mai 2014 19:09)

    Bonsoir Gaëtane ! Merci beaucoup !! Je t'embrasse et bonne journée au Québec ! Ton ami de longue date à présent !

  • #12

    Jean-Michel Bartnicki (samedi, 17 mai 2014 19:13)

    Bonsoir Carole !Merci ! Je t'écris en privé très rapidement !Merci d'être sensible à ma manière d'écrire...Mon imagination galope comme tu le sais. Bises et amitiés du Nord de la France. Jean-Michel B.

  • #13

    Géraldine Marino (jeudi, 29 mai 2014 10:18)

    "la bulle" Nouvelle de Jean-Michel Bartnicki, finalement, il me fallait me poser, zen, pour apprécier ces quelques pages, une histoire atypique, au fil des mots...l'envie d'aller plus loin...d'en savoir plus...éveil de curiosité...bravo :)

  • #14

    Jean-Michel Bartnicki (dimanche, 01 juin 2014 11:33)

    Bonjour Géraldine. Merci beaucoup ! Votre réaction est importante et constructive pour moi ! Merci d'avoir apprécié ma nouvelle '' La bulle '' qui en effet une histoire atypique ! Merci d'avoir fait la démarche d'acquérir mon livre..! On ne peut pas plus me toucher comme vous le savez !! A bientôt et amitiés. Jean_Michel B.

  • #15

    Isabelle Lacaille (mercredi, 18 février 2015 18:32)

    J'ai particulièrement apprécié "La Nymphe". Le personnage aveugle est attachant. J'ai lu très rapidement ces deux nouvelles reçues deux heures auparavant. S'il y a une suite, hâte de m'asseoir sur un banc, avec votre livre dans mes mains, et de poursuivre son aventure. Merci Jean-Michel pour vos deux textes très bien écrits. Bonne soirée.

Page mise en ligne le 18/02/2014 et mise à jour le 18/02/2015

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